Myriam Arcangeli 

La langue française a plusieurs aspects surprenants, comme par exemple le fait qu’on n’y prononce pas un grand nombre de lettres. Regardez le mot « oiseaux » qui a tant de lettres qu’on n’entend pas individuellement ! Le texto, qu’on utilise aujourd’hui pour la communication rapide par écrit en ligne ou par SMS, par exemple, est entièrement basé sur des abréviations et la prononciation orale. Il chamboule donc complètement l’orthographe classique. Par exemple, « koi29 » s’utilisera pour demander des nouvelles : Quoi de neuf ?, « GT o 6né » doit se lire : J’étais au ciné, et « C kan bi1to ? » est juste : C’est quand, bientôt ?

D’autres particularités sont plus anciennes et concernent certains mots ou lettres. « Ressasser » est le plus long palindrome français : on peut le lire dans les deux sens. « Où » est le seul mot qui emploie un « ù ». Le « e » est la lettre la plus utilisée en français : elle peut même apparaître trois fois d’affilée dans un mot, comme dans « créée ». Certains mots n’ont pas de rimes : quatorze, quinze, meurtre, muscle, simple et monstre, par exemple, ne riment avec rien d’autre.

Le français a, bien sûr, plusieurs registres ou niveaux de langue. Il y a la langue soutenue, réservée à l’écrit et qui possède ses propres codes, comme l’emploi du passé simple ou du passé antérieur. Vous entendrez rarement des phrases au passé simple dans la rue ! Il y a aussi le français courant, celui qui s’utilise à l’écrit ou à l’oral, et les registres plus familiers utilisés entre amis ou en famille. Parmi ces différents argots, l’un des plus étonnants et des plus réussis est le verlan. 

Le verlan prend les syllabes d’un mot et les renverse, d’où son nom « ver-lan », c’est-à-dire « l’en-vers » prononcé à l’envers ! Aujourd’hui, certains mots verlans ont tellement de succès qu’on les entend partout et dans toutes les couches de la société. En voici quelques exemples : vénère pour énervé (je suis vénère !), ouf pour fou (musique de ouf !) et teuf pour fête (faire la teuf). 

Le verlan est en constante évolution, donc les mots verlans plus anciens en sont parfois à leur deuxième transformation. Ainsi, « flic », le mot d’argot traditionnel utilisé pour policier, est devenu « keuf » dans un premier temps, puis « feuk » aujourd’hui, qui a l’avantage de ressembler à une grossièreté anglaise bien connue. 

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